Les restaurants chinois à Casablanca

dimanche 20 avril 2014

SOUS L'ETOILE


Attention Dromadaire.
Sound : 17.04.14 - A Chicken Story.
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Cette semaine, j’ai enfin réalisé mon petit rêve à moi : passer une nuit dans le désert du Sahara. Les choses se sont précipitées après la rencontre avec un voyageur Coréen à Grenade en partance pour le Maroc. Je lui avais alors proposé de l’accompagner pour son séjour et de l’emmener découvrir quelques sites incontournables du pays, bien que je n'y avais jamais mis les pieds. Nous avons ensuite été rejoints par une étudiante Coréenne rencontrée à Rabat, qui elle aussi disposait de quelques jours seulement pour rentabiliser son voyage en photos et souvenirs. C’est donc tout naturellement vers le sud que nous nous sommes tournés, avec une offre de 3 jours et 2 nuits au départ de Marrakech et à destination de Merzouga. Il s’agit d’une des offres phares que proposent la plupart des agences de voyage à un prix très abordable, si bien entendu vous vous adressez aux bonnes personnes.


Les toits, le minaret de la Koutoubiaet la lune. Marrakech by night
Nous sommes bien partis de Marrakech, mais nous n’avons pas vu grand-chose de la ville. Arrivé vers 1 heure du matin, nous avons tout juste eu le temps de nous faire avoir par un chauffeur de taxi censé nous amené à notre hôtel. Mais 3 asiatiques fatigués avec des bagages à 1 heure du matin à Marrakech, on ne s'attendait à vrai dire pas à autre chose. Mais j’en garderai tout de même un souvenir très agréable : la nuit passée sur la terrasse de l’hôtel à contempler la pleine lune, les étoiles, les lumières de la ville et le lever du soleil. Si vous connaissez des hostels qui proposent la même chose à Paris, faites moi signe ! 

Quelques petites heures de sommeil plus tard et nous voilà parti pour un long voyage en direction du désert. Nous faisons la connaissance de nos compagnons de routes. Nous sommes 17 dans ce petit groupe constitué d’Américains, de Coréennes, d’Hongkongaises, d’Allemands, d’Irlandais et d’une Colombienne. Je suis étonnamment le seul représentant français de la bande. J’ai la chance d’être installé sur la banquette avant aux côtés de notre chauffeur Jamal et de l’amie Coréenne Viviana (elle étudie à Barcelone, cela explique le prénom). L’essentiel du voyage se passe dans la voiture. Un long, très long voyage. Nous avons le droit sur le trajet toute les 1-2 heures à des pauses pipi-manger-photos, mais aussi des visites guidées sur quelques sites remarquables. J’ai beau être fatigué par toutes ces heures passées dans la voiture, il m’est cependant impossible de fermer l'oeil devant la beauté des paysages qui défilent sous mes yeux. Le Haut Atlas, Ouarzazate, les gorges de Sadès, c'est franchement pas mal du tout. 



Le groupe. Les 2 amis Coréens, WonYeong (Alias Pacman) et Viviana en bas à gauche.
Sound : Africa Zina, Playlist de Jamal
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Ce voyage m’a rappelé les tours qui sont proposés pour visiter et découvrir la Provence. Je me suis toujours demandé comment il était possible d’apprécier cette forme de voyage. Tous les jours, des dizaines de touristes font ce même parcours. Il y a peu de place pour l'imprévu, le planning doit être respecté à la lettre. Les visites à la découverte de la vie des indigènes ne peuvent que vous mettre mal à l'aise, surtout quand ceux ci n'ont strictement aucuns liens avec l'économie du tourisme. N’empêche, cela reste certainement la formule la moins coûteuse, la moins risquée et la plus pratique si l’on souhaite se rendre dans le désert pour un séjour de courte durée. Personnellement, mis à part les quelques visites, j'ai beaucoup apprécié, peut être grâce aux personnes qui m'accompagnaient. Mais ce qui est sûr, c'est que le déplacement vaut pour le coup vraiment le coup.


Hmar.
Ce n’est qu’au 2e jour que nous arrivons à Merzouga. Ce sont d'après Wikipédia les plus hautes dunes de sable du Maroc. C’est beau, c’est grand, c’est majestueux. On a l’impression d’être en plein cœur d’une peinture à l’aquarelle, ou d’un paysage totalement virtuel tant les traits et les couleurs sont harmonieux. Même dans mes rêves, je n'aurai pas imaginé un plus beau paysage. Le coucher du soleil au sommet des dunes de sable est un moment magique, mais le spectacle offert durant la nuit l’est tout autant. On se croirait au planétarium. J'ai presque honte de ne m'être jamais intéressé aux monde des étoiles par le passé. Ces dernières s’effacent petit à petit pour laisser place à la lune. C’est plutôt un soleil qui fait sont apparition en pleine nuit. 1 heure du matin, nous partons l’ami Coréen et moi au sommet de la plus haute dune du désert. De là haut, le désert paraît tout petit, on entrevoit de part et d'autre les lumières des villes avoisinantes. La lune radieuse se charge pour nous d'éclairer tout le désert. Les couleurs sont là encore tout à fait extraordinaires, les dunes sont nappées de la lumière de la lune qui donne au sable une couleur bleue. Sincèrement, je ne m'attendais pas à être si touché et si ému par la beauté de ce paysage. 


Le Before du sunset

Au final, j’ai dépensé le peu d'argent qu'il me restait, j’y ai aussi laissé mon appareil photo. Mes compagnons de voyage ont quant à eux repris leur route, l'un vers le Portugal pour la suite de son voyage, l'autre vers Barcelone pour rejoindre les bancs de la fac. Deux personnes à leur façon au dessus du lot, et j'espère vraiment les retrouver un jour. De mon côté, fini les vacances, on peut aussi dire que c'est un long voyage qui s'achève. Les choses sérieuses commencent. 

Sahara by night.
Music : Time to say goodbye - Andrea Bocelli and Sarah Brightman. Wonyeong selection.
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Je l'ai attendu sous l'étoile. Mais non, il n'est pas venu. Par contre, les autres, je les ai presque tous vus ! Les moutons, le renard, le puits caché dans le désert, la vallée des roses, les étoiles, la couleur miel des dunes au lever du soleil… C'est comme si tous les personnages faisaient un à un leur apparition au cours du voyage. Je me suis toujours demandé pourquoi St Exupéry avait dessiné sa rose de la sorte. Je ne l'a trouvais pas belle, parce qu'elle ne ressemblait pas aux roses que l’on trouve communément chez le fleuriste. En fait, il s’agit d'une espèces de rose que l’on trouve près du désert, à la couleur rose, aux pétales joufflus, aux tiges claires et aux feuilles allongées. Je m'excuse, la rose du Petit Prince est bien la plus belle ! Finalement, le seul que je n’ai pas croisé, c’est le serpent jaune. Pourtant, après ce voyage, je me sens comme Forest Gump à la fin du film. Je suis fatigué, et je ne souhaite qu'une seule chose : rentrer chez moi. Et pas le chez moi de Casablanca...  

lundi 14 avril 2014

RETOUR A LA CASA

Wesh, à Grenade

Me voici de retour au Maroc et sur mon blog. J'ai dû retourner en France il y a deux semaines. Un retour qui faisait bien partie de mon agenda, mais initialement prévu à une autre date, et surtout pour un autre motif… Mais c’est la vie.

Ces derniers jours ont été très forts émotionnellement, et particulièrement riche d’un point de vue personnel. Avant de poser les pieds chez moi, je ne savais vraiment pas à quoi m’attendre. Mais aujourd’hui, j’ai comme l’impression d’avoir vécu une expérience de vie aussi riche que tous mes précédents voyages réunis.

Hier, à la gare de Rabat, un homme est venu me demander d’où je venais.
« Korea ? China ? Tu parles bien Français. Quel pays toi ? »
Je lui ai répondu que j’étais Français. Mais il ne m’a pas cru, même quand je lui ai montré mon passeport. Ce n’est pas la réponse qu’il souhaitait entendre. Alors je finis par lui dire que je suis Chinois.
« Ah China ! Où la Chine ?  Quel endroit ? »
Ben en fait, en est Chinois, mais pas de Chine, du Cambodge…

J’aime observer la réaction des gens quand j’évoque mes origines. En fait, c’est un peu compliqué. Je ne peux pas me référer à un seul pays d’origine, mais plutôt à une culture construite sur plusieurs générations dans plusieurs pays. La réponse que je donne généralement est la suivante : Je suis français d’origine chinoise du Cambodge. J’aimerai bien faire plus simple, mais il m’est impossible d’occulter un seul de ces éléments.

Dans notre famille, nous sommes bien Chinois. A la maison, on parle, on mange, on dort Chinois, mais nous n’avons aucun lien direct avec la Chine. Nous sommes aussi Cambodgiens, parce que notre famille en est originaire et parce que l’histoire de ce pays est aussi la nôtre. Mais nous ne sommes pas Khmers. S’il est vrai que nous avons reçu une éducation à la chinoise et que je ne parle pas un mot de Khmer, ce n’est qu’au Cambodge que je me suis réellement senti au bled, et ce malgré mes différents voyages dans les pays chinois. En fait, la seule chose dont je suis certain, c’est que je suis français. Mais c’est peut-être la chose la plus difficile à faire comprendre aux gens, surtout à l’étranger !

« Nous ne sommes que les chaînons d'une longue chaîne de transmission qui nous dépasse ». J’avais lu ça dans un article d’un historiographe marocain qui cherchait à définir la marocanité. Après avoir assisté à toutes ces cérémonies au carrefour des traditions sino-khmer-bouddhistes-taoïstes, j’ai pris un peu plus conscience du patrimoine culturel unique qui existe au sein de notre famille, même si je n'en sais finalement pas grand chose.

A part ça, pour le retour au Maroc, j’ai opté pour la voie terrestre avec la traversée de l’Espagne. J’avais besoin d’une petite coupure avant de reprendre mon terrain. Je n'ai visité que deux villes : Barcelona et Granada. Mais quel voyage... J'aime aussi ces voyages-là de quelques jours, qui nous offrent simplement le temps de voir le beau coté des choses, le bon côté des gens, où toutes les occasions sont bonnes pour rencontrer de nouvelles personnes… C’est étrange, mais après ma première semaine passée à Rabat, j’ai perdu cette sensation de voyage au Maroc. Peut-être est-ce l’effet Casablanca ? En retournant dans cette ville, j’ai eu comme l’impression de retourner chez moi, de retrouver ma vie d’étudiant comme si je retournais à Strasbourg ou à Aix-en-Provence. On revoit tous ces gens que l'on connait à peine mais qui nous sont pourtant déjà si familiers. On reprend les mêmes habitudes, les mêmes snacks, les mêmes cafés. Je n'en suis pas encore à 40 jours au Maroc, mais c'est tout comme. D'ailleurs, j'ai proposé d'accompagner un Coréen rencontré lors de mon séjour à Grenade au Maroc. Il ne parle pas un mot de français, et seulement quelques bribes d'anglais. Il m'était alors impossible de le laisser partir comme ça seul au Maroc. Les Marocains, ils ont beau être extrêmement accueillant, ils sont loin d’être tous gentils, surtout quand tu as la tête d'un touriste ! Tiens, c'est grosso modo ce qu'un ami marocain m'avait dit avant que je vienne ici…

Ce retour au Maroc, c’est un peu comme un nouveau départ. Je reviens avec un nouvel état d’esprit, et j’espère encore avoir beaucoup de chose à partager avec vous. Ama s’en est allée, mais elle avait déjà pensé à tout. Car une autre Ama va bientôt prendre le relais. Je vais très prochainement être tonton !