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| Des palmiers plein les cieux, Parc de jeux Yasmina (ou Parc de la Ligue Arabe) Enregistrement sonore : 16/03/2014, quelque part dans le parc Cui-cui, fond de musique, vélos, enfant (et bonus Chinoui pour les plus patients) |
Il paraît que le ciel de Paris est étrangement gris ces jours ci. A Casablanca, comme vous pouvez le constater sur cette photo, il fait beau, il fait bon il fait bleu. Des conditions idéales qui m'ont poussées aujourd'hui à m'aventurer hors de mes bases, à la recherche d'un endroit calme et agréable où je pourrai me replonger dans la vie de Léon l'Africain. On m'avait en effet rappelé que cet illustre personnage avait vécu une partie de sa vie au sein du royaume chérifien, et j'espérais un peu naivement reconnaître dans mon voyage actuel certaines des impressions décrites dans le livre d'Amin Maalouf.
Je n'ai finalement pas besoin de m'aventurer très loin. A deux pas de chez moi se trouve le Parc de la Ligue Arabe, ou Parc de Yasmina. Calme, palmiers et soleil, je n'en espérais pas temps, surtout en plein coeur de Casablanca. Il n'y a pas grand monde dans le parc. Seuls des jeunes couples s'y promènent tandis que des enfants jouent au ballon dans ce décor aux couleurs bien estivales. Deux troubadours assis sous un palmier retiennent mon attention. Ce qu'ils jouent sonne un peu faux à la distance où je suis, mais leur petit concert se révèle rapidement captivant et leur musique envoûtante, au point j'en oublie vite le livre que je tiens entre les mains.
Je fais par la suite la rencontre d'Ahmed, un Casaoui de naissance. Une précision importante parce que la moitié des Casablancais que j'ai rencontrés jusqu'à présent sont en fait originaires d'autres régions du Maroc. Casablanca, c'est la ville de toutes les opportunités, et c'est pour cela que l'on y vient de tout le pays. C'est aussi la raison pour laquelle on me demande de faire très attention, bien plus qu'ailleurs, aux personnes que je rencontre car on ne sait jamais sur qui on peut tomber. Mais pour le moment, ça va. Par chance, je ne suis tombé que sur des personnes fréquentables. Ahmed, c'est même un bon gars. A force de faire tous les jours le tour de la ville à pied, il la connaît comme les gamins des médinas connaissent leur quartier. Je pars donc à ses côtés à la découverte de sa ville et nous prenons la direction du grand marché de KOREA qu'il souhaite me faire découvrir (qui n'a aucun rapport avec les pays). Nous quittons alors les grandes tours en verre de l'avenue Hassan II pour nous retrouver dans le Casa populaire, en nous étant auparavant péniblement frayés un chemin dans les interminables allées des marchés rencontrés sur notre route. J'ai réellement eu le sentiment d'être à Alger, au milieu du marché Boumati. A la différence qu'ici, personne ne me calculait. Je redécouvre par la même occasion les plaisirs de la marche à pieds. C'est fou le nombre de petits détails auxquels on fait attention lorsqu'on prend vraiment le temps de regarder la ville. Nous arrivons finalement à destination. Le marché KOREA, LA place pour la chaussure et l'habillement pour homme au Maroc, qui paraît-il rayonne même au delà de ses frontières. Un autre monde. J'y reviendrai certainement dans un autre billet, mais ce que je peux déjà vous dire, c'est que je n'avais jamais vu une telle concentration de commerçants dans une si grande place couverte.
D'après Ahmed, on a parcouru le vrai Casa. En tout cas son Casa à lui, où les cafés sont à 6 dihrams et les chawarma à moins de 20. Et j'ai vraiment eu le sentiment d'en avoir appris plus sur Casablanca en une après midi qu'en une semaine passée dans la ville. Léon l'Africain attendra, car aujourd'hui je suis claqué. 15km à pieds, ça use, ça use...





