Les restaurants chinois à Casablanca

lundi 17 mars 2014

EN MARCHE

Des palmiers plein les cieux, Parc de jeux Yasmina (ou Parc de la Ligue Arabe)
Enregistrement sonore : 16/03/2014, quelque part dans le parc
Cui-cui, fond de musique, vélos, enfant (et bonus Chinoui pour les plus patients)

Il paraît que le ciel de Paris est étrangement gris ces jours ci. A Casablanca, comme vous pouvez le constater sur cette photo, il fait beau, il fait bon il fait bleu. Des conditions idéales qui m'ont poussées aujourd'hui à m'aventurer hors de mes bases, à la recherche d'un endroit calme et agréable où je pourrai me replonger dans la vie de Léon l'Africain. On m'avait en effet rappelé que cet illustre personnage avait vécu une partie de sa vie au sein du royaume chérifien, et j'espérais un peu naivement reconnaître dans mon voyage actuel certaines des impressions décrites dans le livre d'Amin Maalouf. 

Je n'ai finalement pas besoin de m'aventurer très loin. A deux pas de chez moi se trouve le Parc de la Ligue Arabe, ou Parc de Yasmina. Calme, palmiers et soleil, je n'en espérais pas temps, surtout en plein coeur de Casablanca. Il n'y a pas grand monde dans le parc. Seuls des jeunes couples s'y promènent tandis que des enfants jouent au ballon dans ce décor aux couleurs bien estivales. Deux troubadours assis sous un palmier retiennent mon attention. Ce qu'ils jouent sonne un peu faux à la distance où je suis, mais leur petit concert se révèle rapidement captivant et leur musique envoûtante, au point j'en oublie vite le livre que je tiens entre les mains. 

Je fais par la suite la rencontre d'Ahmed, un Casaoui de naissance. Une précision importante parce que la moitié des Casablancais que j'ai rencontrés jusqu'à présent sont en fait originaires d'autres régions du Maroc. Casablanca, c'est la ville de toutes les opportunités, et c'est pour cela que l'on y vient de tout le pays. C'est aussi la raison pour laquelle on me demande de faire très attention, bien plus qu'ailleurs, aux personnes que je rencontre car on ne sait jamais sur qui on peut tomber. Mais pour le moment, ça va. Par chance, je ne suis tombé que sur des personnes fréquentables. Ahmed, c'est même un bon gars. A force de faire tous les jours le tour de la ville à pied, il la connaît comme les gamins des médinas connaissent leur quartier. Je pars donc à ses côtés à la découverte de sa ville et nous prenons la direction du grand marché de KOREA qu'il souhaite me faire découvrir (qui n'a aucun rapport avec les pays). Nous quittons alors les grandes tours en verre de l'avenue Hassan II pour nous retrouver dans le Casa populaire, en nous étant auparavant péniblement frayés un chemin dans les interminables allées des marchés rencontrés sur notre route. J'ai réellement eu le sentiment d'être à Alger, au milieu du marché Boumati. A la différence qu'ici, personne ne me calculait. Je redécouvre par la même occasion les plaisirs de la marche à pieds. C'est fou le nombre de petits détails auxquels on fait attention lorsqu'on prend vraiment le temps de regarder la ville. Nous arrivons finalement à destination. Le marché KOREA, LA place pour la chaussure et l'habillement pour homme au Maroc, qui paraît-il rayonne même au delà de ses frontières. Un autre monde. J'y reviendrai certainement dans un autre billet, mais ce que je peux déjà vous dire, c'est que je n'avais jamais vu une telle concentration de commerçants dans une si grande place couverte. 

D'après Ahmed, on a parcouru le vrai Casa. En tout cas son Casa à lui, où les cafés sont à 6 dihrams et les chawarma à moins de 20. Et j'ai vraiment eu le sentiment d'en avoir appris plus sur Casablanca en une après midi qu'en une semaine passée dans la ville. Léon l'Africain attendra, car aujourd'hui je suis claqué. 15km à pieds, ça use, ça use... 


vendredi 14 mars 2014

UN VENDREDI A CASA

Photo : Mosquée al-Mohammadia, quartier des Habous
Enregistrement sonore : Place de la mosquée, le 14/03/2014 à 12h30
Cliquez sur la photo pour lancer le son.

jeudi 13 mars 2014

DANS MA RUE

Photo : Rue Omar Slaoui, de la terrasse d'un café.
Cela fait maintenant une semaine que je suis installé à Casablanca. De la ville, je n’ai pour le moment pas vu grand-chose. Je préfère ne pas perdre trop de temps et bosser le plus possible sur mon mémoire à l'institut Français de Casablanca, en attendant l’arrivée des beaux jours pour jouer au touriste Japonais. Je commence tout de même à avoir quelques repères dans ce quartier de Mers Sultan. Le paysage urbain ne m'est désormais plus si étranger, les principaux services de proximités sont cartographiés dans ma tête et j'ai même repéré quelques bonnes adresses où manger sans le moindre risque.

A me voir entrer et sortir à des heures encore très fluctuantes, Madame Zoubida, la réceptionniste de la résidence, doit certainement se demander ce que je fais à Casablanca. Les habitués des cafés aussi. Tous les jours, je prends place dans l’un des nombreux cafés qui entourent ma résidence, à côté des retraités qui passent leur temps à lire les journaux ou à méditer. Des cafés qui ressemblent comme deux gouttes d’eau à ceux que l’on trouve en France. Ainsi, mis à part les quelques palmiers qui s’élèvent aux coins de chaque rue, aucun indice n'indique que l'on se trouve au Maroc. On se croirait plutôt dans un café des faubourgs de Paris ou de Lyon. Et contrairement aux cafés d'Alger, je ne ressens ici nullement le besoin de justifier ma présence sous prétexte que je suis étranger ! 

Les terrasses des cafés sont des postes d'observation privilégiés pour observer ce qui se passe au quotidien dans mon quartier. Et si les premières impressions me rappellent la France, elles s'estompent rapidement avec l'apparition de personnages de la scène locale dans le paysage. C’est d’abord les corps de métiers ambulants qui défilent à la terrasse, avec les inusables  « cireurs de pompes » qui passent et repassent à la recherche de chaussures en manque d'affection, les vendeurs ambulants qui proposent des marchandises allant du Coran à toutes sortes de produits récupérés aussi variés que farfelus. Des migrants subsahariens passent et viennent mendier quelques dirhams, alors qu'une petite dame d'un certain âge promène en djellaba un énorme chien dalmatien (?). Au milieu de la voie, un jeune homme tire une charrette chargée de fraises entassées comme des oranges (je ne connaissais jusque là que les petites barquettes de fraises conditionnées de 250g des supermarchés), tandis qu'un autre le croise avec une charrette vide en poussant des « Eeeeeeeeeeehhhhh » stridents à intervalles réguliers. Il s'agit je crois d'un collecteur de ferraille, mais cela reste encore à confirmer. Il y a aussi sur le trottoir d’en face deux hommes qui élèvent brusquement la voix, pour ce qui ressemble à un début de vive altercation. Mais tout aussi subitement, les deux hommes se séparent comme si de rien était, et je remarque qu'autour de moi personne n’y avait prêté la moindre attention. 

Il paraît justement que c'est dans ces scènes de tous les jours que le « vrai » Casablanca se dévoile. Tout ça pour dire que n'ai et je ne verrai certainement pas grand chose de Casa. Mais mes yeux s'habituent néanmoins petit à petit à tout ce folklore, qui rappelle à quelques variantes près ces scènes que l'on croise dans beaucoup de grandes villes des pays émergents. C'est surement ça qui rend ces villes si fascinantes.

mardi 11 mars 2014

中國很大 !

معهد كونفوشيوس
音乐 : Andy Lau, 中国人

如果你看這一篇文章,你應該知道我現在在摩洛哥了。我今年還在調查跟在北非的中國人移民有關係,所以我要帶摩洛哥三個月。不管中國人移民到哪裡,我一定會跟他們一起去!

所以這個禮拜六我參加了中文課。。。不好意思,學阿拉伯語太辛苦了!我也會每天慢慢學當地的語言,而希望我離開之後在馬賽會有幫助!所以我禮拜六去了摩洛哥首都的拉巴特孔子學院上中文課。如今每一個國家都有一個孔子學院。其是在我現在住的城市卡薩布蘭卡也有一個孔子學院,但是我上次找它的時候,跑來跑去就迷路了,所以只好先去拉巴特的。

我還記得我上次上了中文課是在台灣!所以在摩洛哥禮拜六早上上四個小時的課真很困難。上課的時候,大家都以為我是個中國人。好像我華人的臉讓人家聽到一個很標準和流利的中文。孔子學院的中文課很有意思,因為每一位老師用的語言表示都不一樣,有的講法文,有的英文,有的阿拉伯語 。還好我的老師是講英文的那一位。

上課了

我那一天的同學們下禮拜要考HSK,所以都特別認真和緊張。他們知道最好的學生可以得到獎學金去中國大陸讀書。跟他們溝通讓我很驚訝,因為它們對中文和中國非常有興趣。其實,上他們的課之後我也突然很想中國大陸。老師介紹給我們一部跟西岸的兵馬俑有關係。我不知道是兵馬俑的影響或是介紹西岸的女主角,但是我一段時間完全忘記了我親愛的美麗島。中國真很大。。。

你看得懂我的怪怪的中文嗎?我的中文退步得很多,像國小二年級的中文了。我在摩洛哥也發現我的中文口音改變了,因為我遇到的中國人都以為我是廣東人!拉巴特孔子學院的院長也跟我說我參加他們中文課很有意思,因為可以讓學生發現中文雖然有很多口音,但是我們還可以一起溝通 !

vendredi 7 mars 2014

DEPAYSANT

Photo et son : De la fenêtre de ma chambre
Cliquez sur la photo pour vous baigner dans l'ambiance de mon quartier. 
Me voici dans mon petit studio à Casablanca d'où j'écris ce premier article. Je m'excuse de ce léger retard, mais j'avais besoin d'un peu de repos, le temps de me remettre d'une semaine plutôt chargée, riche en émotions et bien plus dépaysante que je ne l’avais imaginé. Pour revenir sur ces premiers jours, j’ai été accueilli à mon arrivée par un ami marocain que j'avais rencontré pour la première fois du côté de Taiwan et qui par chance se trouvait au Maroc au moment de ma venue. J’attendais avec vraiment beaucoup de curiosité d'y faire mes premiers pas aux côtés de quelqu’un qui avait de vrais attaches dans le pays. Et pour le coup, ça valait vraiment la peine d'être patient !

J’ai donc participé pendant 5 jours à une sorte de voyage organisé, entièrement pris en charge par un certain Sidi Mihyar. Sans entrer dans les détails, j’ai fait ce que tout bon touriste se doit de faire au Maroc : déambuler dans les souks de la médina, se faire frotter le dos par un vieil homme dans le hammam, déguster des escargots sur le bord de mer (une altérité totale pour mon système digestif...) et prendre un menu Big Mac au McDo. Je ne sais pas si c’est parce ce que je compare instinctivement tout ce que je vis ici à mon expérience passée en Algérie, mais franchement, j’étais comme un gamin qu’on emmène à Disneyland pour la première fois. J’ai aussi eu le droit de faire la connaissance de la famille, la très grande famille, et d'offrir à chacun des membre sa petite cérémonie du thé. Et j'ai eu le droit à presque chaque fois à la question qui tue : Mais pourquoi "Jean-Pierre" ? Il faudrait que je songe à demander une fois pour toute la réponse à mon père !

Alors qu’il y a un an, je m’étais un peu lancé à l’aventure dans un contexte totalement étranger et totalement inadapté aux escapades touristiques, ici, j'ai fait la connaissance d'un tout autre univers. Au Maroc, être étranger semble être quelque chose de tout à fait banal. Et même être Chinois ! C'est peut être un détail pour vous, mais cela va probablement avoir une véritable influence sur le déroulement de mon séjour. On me prend le plus souvent pour un Japonais, parce que les touristes nippons sont nombreux à visiter le pays.  
Et puis sinon, j’ai bien mangé. J’ai BEAUCOUP mangé ! J’espère qu’un jour les gens comprendront que si je ne suis pas bien grand ni gros, ce n’est pas parce que je ne mange pas assez ! Le problème ici, c’est que ça ne se fait pas de ne pas manger ce qui t'est proposé quand tu es invité chez quelqu'un. Et comme on était souvent invité… Mais heureusement, c’était toujours bon, et même souvent vraiment très bon.

Bon, l’ami est depuis reparti pour la France. Moi, je quitte le confort et le calme auxquels je m’étais habitué à Rabat et je pars à la découverte de Casablanca, la ville réputée pour vivre 24h/24. A titre de comparaison, c’est un peu comme quitter Strasbourg pour Paris, Tainan pour Taipei ou Martignat pour Oyonnax. 

Encore une fois, merci infiniment pour cette si belle introduction, en espérant que la suite le soit tout aussi. Inch'allah !


jeudi 27 février 2014

ENFIN !

Image et extrait sonore du  film Ali Zaoua Prince de la rue (2000) de Nabil Ayouch.
Cliquez sur l'image pour lancer la cassette.

Cette fois ci, tout est fin prêt.

Demain, à moins d’un nouveau rebondissement, je serai ENFIN au Maroc ! Après l’Algérie et Alger, me voici reparti pour un voyage de l’autre côté de la Méditerranée, direction le voisin intime et Casablanca pour un séjour de 3 mois. Et une fois encore, ce sera pour un travail de recherche sur les Chinois. Vous devez certainement vous dire qu’ils sont partout ces Chinois… Sur ce point, difficile de vous contredire.

Mais cette fois ci, je ne m’aventure pas en terre totalement inconnue. Les Marocains, j’en connais tout plein ! Je crois que les ¾ des familles qui résident dans mon bâtiment sont d’origine marocaine. Certes, avoir des voisins marocains ne signifie en rien connaitre le Maroc, mais quand même, j’ai eu le droit de leur part à un vrai briefing sur ce que qui m’attend au Bled. Et d’après tout ce qui m’est parvenu aux oreilles, ce voyage s’annonce vraiment 不錯 !(« vraiment pas mal » pour les non-sinophones)

La seule chose que je souhaite par-dessus tout découvrir durant ce séjour, c’est le désert du Sahara. J’ai raté le coche dernière, et je ne sais pas si j’aurai encore beaucoup d’occasions de m’y rendre dans un avenir proche. Mais pour le reste, j’attends vraiment d’être sur place pour découvrir. Mes Chers Amis Algériens et Harrachis m’ont appris que les plus beaux voyages sont ceux auxquels on est le moins préparé. Alors, que le Maroc me surprenne !

L’idée de faire un Blog peut paraître un peu dépassée, mais ça reste pour moi le meilleur moyen de retranscrire et de partager mes impressions de voyage sans tomber dans le tout instantané. En fait, j’ai été relativement surpris et touché des retours qui ont suivis mon premier Blog à Alger, et je profite donc de ce voyage pour réitérer l’expérience. J’espère que vous pourrez partir avec moi à la découverte du Maroc et de Casablanca, et pour ceux qui sont familiers des lieux, j’espère que vous vous sentirez dans ce Blog quelque part un peu chez vous !

Je renfile mon costume de Léon L’Africain, et c’est reparti pour de nouvelles aventures.

摩洛哥, 我來了 !