![]() |
| Photo : Rue Omar Slaoui, de la terrasse d'un café. |
A me voir entrer et sortir à des
heures encore très fluctuantes, Madame Zoubida, la réceptionniste de la
résidence, doit certainement se demander ce que je fais à Casablanca. Les
habitués des cafés aussi. Tous les jours, je prends place dans l’un des
nombreux cafés qui entourent ma résidence, à côté des retraités qui passent
leur temps à lire les journaux ou à méditer. Des cafés qui ressemblent comme
deux gouttes d’eau à ceux que l’on trouve en France. Ainsi, mis à part les
quelques palmiers qui s’élèvent aux coins de chaque rue, aucun indice
n'indique que l'on se trouve au Maroc. On se croirait plutôt dans un café des
faubourgs de Paris ou de Lyon. Et contrairement aux cafés d'Alger, je ne
ressens ici nullement le besoin de justifier ma présence sous prétexte que je
suis étranger !
Les terrasses des cafés sont des
postes d'observation privilégiés pour observer ce qui se passe au quotidien dans mon quartier. Et si les premières impressions me rappellent la France, elles s'estompent rapidement avec l'apparition de personnages de la scène locale dans le paysage. C’est
d’abord les corps de métiers ambulants qui défilent à la terrasse, avec les inusables « cireurs de pompes » qui passent et repassent à la recherche de chaussures en manque d'affection, les
vendeurs ambulants qui proposent des marchandises allant du Coran à toutes sortes de produits récupérés aussi variés que farfelus. Des migrants subsahariens passent et viennent mendier quelques dirhams, alors qu'une petite dame d'un certain âge promène en djellaba un énorme chien dalmatien (?). Au milieu de la
voie, un jeune homme tire une charrette chargée de fraises entassées comme des
oranges (je ne connaissais jusque là que les petites barquettes de fraises conditionnées de
250g des supermarchés), tandis qu'un autre le croise avec une charrette vide en poussant des « Eeeeeeeeeeehhhhh » stridents à intervalles réguliers. Il s'agit je crois d'un collecteur de ferraille, mais cela reste encore à confirmer. Il y a aussi sur
le trottoir d’en face deux hommes qui élèvent brusquement la voix, pour ce qui ressemble à un début de vive altercation. Mais tout aussi subitement, les deux hommes se séparent comme si de rien était, et je remarque qu'autour de moi personne n’y avait prêté la moindre attention.
Il paraît justement que c'est dans ces scènes de tous les jours que le « vrai » Casablanca se dévoile. Tout ça pour dire que n'ai et je ne verrai certainement pas grand chose de Casa. Mais mes yeux s'habituent néanmoins petit à petit à tout ce folklore, qui rappelle à quelques variantes près ces scènes que l'on croise dans beaucoup de grandes villes des pays émergents. C'est surement ça qui rend ces villes si fascinantes.
Il paraît justement que c'est dans ces scènes de tous les jours que le « vrai » Casablanca se dévoile. Tout ça pour dire que n'ai et je ne verrai certainement pas grand chose de Casa. Mais mes yeux s'habituent néanmoins petit à petit à tout ce folklore, qui rappelle à quelques variantes près ces scènes que l'on croise dans beaucoup de grandes villes des pays émergents. C'est surement ça qui rend ces villes si fascinantes.

Il est vrai que Casablanca est un vrai méli-mélo de cultures et de perceptions et qu'il y a beaucoup de choses qui se passent si on y prête attention mais parfois il est difficile de prendre un peu de répit et ça devient très bruyant et envahissant que l'on se sont dépassés au milieu de tout cela. Ce billet reste tout de même magique. Merci pour votre description envoûtante des lieux et des personnes, je m'en régale.
RépondreSupprimerMerci, c'est l'avantage d'être étranger, tout ce que l'on observe et qui n'est pas semblable à ce que l'on a l'habitude de voir nous marque forcément plus et nous parait soudain très exotique, alors que pour les gens d'ici, cela fait simplement partie du quotidien. J'espère vous relire très bientôt sur ce blog, c'est un plaisir d'avoir le retour de Casablancais sur leur ville !
RépondreSupprimer