Les restaurants chinois à Casablanca

vendredi 28 mars 2014

LE PETIT PRINCE GHALI


Prince Ghali.


Mercredi 26 mars 2014. Je dois me rendre à Rabat. C'est l'anniversaire de Ghali (Xiaoli pour les intimes) et j'avais reçu de ses mains une invitation toute en couleur. J'étais déjà revenu à Rabat il y a quelques jours pour y rencontrer des amies. C'est une sensation étrange que de retourner dans cette ville. Il s'agit de la capitale du Maroc, et pourtant, c'est comme si l'on se rend en province. C'est très calme, il y a du vert, il fait bon vivre, la ville est agréable à visiter et sa riche histoire se lit instantanément dans le paysage. Une ville à l'image du pouvoir monarchique, dans la continuité avec son passé et ses traditions, et qui ne semble pas prête de changer de sitôt. L'opposée de d'une ville comme Casablanca qui se réinvente tous les jours par ses habitants venus de tous le pays et son activité ininterrompue. On dit souvent que les Rabattis ne peuvent pas vivre à Casablanca, et inversement. Je comprends mieux pourquoi maintenant.

Entrée sur invitation.
Il y a du Bibi en Ghali ! 
Ghali fête aujourd'hui ses 5 ans. Je suis venu avec un jeu de Reversi. On m'a dit qu'il faut toujours apporter un cadeau à tous les enfants pour ne pas créer une tension entre les enfants, alors j'apporte aussi deux belles couronnes de Prince pour Ghali et Yazid. J'avais oublié que Ghali n'avait que 5 ans, et que le Reversi, c'est plutôt un jeu pour les grands. D'ailleurs, il ne s'en approche même pas. Amina, la maman, me demande si je peux enseigner le yoga à Ghali, qui bouge un peu trop à son goût. Pourquoi pas. On me demande souvent de faire des choses qui se rapportent en fait à tous les clichés que les gens ont sur les asiatiques. Ca ne me dérange pas de les faire, si cela peut ouvrir d'autres horizons et peut être susciter l'intérêt pour ces cultures. J'ai beau faire n'importe quoi, ma tête suffit à certifier l'authenticité de mes actes. Evidemment, je n'avais jamais fais de yoga. Mais c'est tellement drôle de voir Amina et Ghali à côté de moi en position du lotus reproduisant des sons des moines bouddhistes. J'en profite aussi pour pour montrer aux enfants comment se battre est qui c'est le patron ici. Dans quelques années ils seront alors faits comme leur papa Bibi, et je ne pourrai alors plus faire mon malin.

La dernière fois que j'étais passé, j'avais promis à Oumi que je repasserai à la maison faire des nems. Il paraît qu'elle raffole des nems, et moi je lui avais dit que je savais les faire. Oui, je sais que je sais les faire. Mais en réfléchissant bien, je me rends compte que je n'en avais jamais fait de A à Z. Qu'importe, l'essentiel quand on mange des nems, c'est la sauce. Il semblerait d'ailleurs que la sauce poisson soit le seul ingrédient que l'on ne trouve pas ici à Rabat. Si j'avais su, je ne me serais pas trimbalé avec tous les autres ingrédients depuis Casa ! Le temps passe est je n'ai toujours rien commencé à préparer. Je vois défiler toutes les Tatas avec leur cadeau. La famille, c'est sacrée ici. Tata Rita arrive avec un gros gâteau en forme de coeur. « Désolé, j'étais très occupée ces derniers temps, c'est un gâteau très très simple. » Peu importe, tout ce que Tata Rita nous prépare à manger, c'est au minimum très bon. Ghali souffle ses 5 bougies avec toute la famille, et en effet, Tata Rita nous avait encore une fois préparé quelque chose de délicieux.  

Le grand coeur de Tata Rita
Il commence à se faire tard, et toujours rien de concret à se mettre sous les dents. Les convives commencent à s'impatienter, et les venues du Chef étoilé Tata Rita ne font qu'accroître la pression qu'il y a sur mes épaules. Tout le monde à faim. Gibrane passe dans la cuisine et se met à la recherche de choses à grignoter. Je lui demande par simple curiosité s'il connaît les rouleaux de printemps vu que je compte en préparer aussi. Il me répond : « Là Jean-Pierre, tu me déçois. C'est comme si tu me demandais si j'avais déjà mangé un tajine ou non. » C'est vrai que les restaurants asiatiques et surtout vietnamiens sont bien implantés au Maroc. Mais de là à ce que ma question paraisse farfelue ! D'ailleurs, avant de venir au Maroc, je n'avais mangé le tajine marocain qu'à 2 reprises seulement. 

Ce n'est pas ma cuisine, je n'y suis pas vraiment à l'aise. J'essaye de ne pas en foutre partout, mais c'est déjà le daoua dans la cuisine. Heureusement, deux commis viennent à mon secours. D'abord Yazid, apprenti chef cuisinier, et Tata Halima, devenue experte du roulage de nem en l'espace d'une soirée. 

Les rouleaux de printemps et les nems sont enfin prêts. Les « Hmmmm! » qui m'ont l'air plutôt sincères m'annoncent que j'ai passé le test des nems avec succès. En plus, la sauce est plutôt réussie. Je pars m'asseoir dans le salon et je découvre Ghali allongé sur le canapé, tandis que Yazid n'est plus là, déjà parti dormir dans sa chambre. Ah oui, il est déjà 21 heures passées, et demain il y a école. Tout le monde est crevé, et tout le monde a surtout très faim ! Mais là encore, un autre problème se pose. Il ne reste qu'une vingtaine de nems pour 6 personnes, dont 5 Marocains normalement constitués... Mais chez les Marocains, il y a toujours quelque chose à manger. Le repas d'anniversaire de Ghali s'achève avec le reste d'un tajine et de brochettes du midi. Tout le monde s'en va dormir, moi le premier. J'ai beau sentir la friture de nems, la douche attendra bien une nuit.
Encore merci de m'avoir invité à ton anniversaire Ghali !
La grande famille au rendez-vous.

4 commentaires:

  1. Mignon et sympathique, c'est l'hospitalité marocaine?

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  2. Ces fameux nems dont tout le monde parle ! C'était pas trop tôt ...

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