Les restaurants chinois à Casablanca

jeudi 20 mars 2014

NOUVELLES D'ALGER

Mardi, j'ai assisté à la projection de Guillaume et les garçons à table à l'Institut Français de Casablanca. Il y avait aussi tous les expatriés français de Casablanca, ou pas loin. Je savais que le film avait connu un certain succès en France, mais je craignais de voir un (télé)film à la française du genre Bienvenue chez les chtis. Et finalement, j'ai passé un très bon moment devant un film drôle, original et rafraîchissant. D'ailleurs, pendant la séance, les gens riaient, riaient... J'avais comme l'impression que certains voulaient prouver aux autres qu'ils avaient vraiment aimé le film, parce que ce qui est sûr, c'est que la moitié de la salle avait déjà vu le film. C'est en tout cas l'hypothèse qui pourrait justifier le décalage entre les rires et les chutes...

Cette soirée, je l'ai passée en compagnie d'une vielle dame française. Je lui ai d'abord naturellement cédée ma place (pour ne pas dire qu'elle m'a dégagé de ma place) afin qu'elle puisse se trouver bien en face de l'écran. Puis j'ai rapidement eu la chance de faire la connaissance de celle qui était désormais assise à mes côtés. Elle m'a d'abord parlé du Maroc d'antan que son papa lui avait conté, de sa famille en Chine, du Vietnam, de grand-papa, et par la suite d'Alger. C'était une pied-noir qui avait quitté le pays au moment de l'indépendance. Les "vieux" me fascineront toujours pour la facilité avec laquelle ils parviennent à se livrer à des inconnus. Elle me décrivait la ville où elle était née, où elle avait vécu, fondé une famille, puis l'épisode de la séparation, du déracinement et la douleur de l'exil encore présente aujourd'hui. Et moi, pendant ce temps-là, pendant qu'elle me parlait de tout ça, je me remémorais les très précieux moments passés à Alger il y a déjà un an de cela. Je suis à Casablanca, et pourtant Alger ne m'a jamais semblé aussi proche. La veille, je recevais d'un collègue chercheur le bonjour d'un de mes amis Chinois qu'il avait rencontré à Alger, se rappelant que j'étais présent pour lui et sa famille lors d'un épisode à l'hôpital. Ce soir, je suivais le match Manchester-Olympiakos en compagnie d'un Algérois. Nous avons parlé d'Algériens, du combo omelette-frittes-gazeuse, de "Chinouis" et d'El Harrach, dont la simple évocation provoque toujours le même frisson auprès des Algérois.

Sinon, tout se passe bien à Casablanca. Je crois que la phase d'adaptation est terminée. Je me sens plus tellement étranger dans cette ville, et de moins en moins aux yeux des gens de mon quartier. J'ai aussi enfin commencé mon enquête de terrain sur les Chinois de Casablanca. Et vraiment, c'est 很有意思 !

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